Chapitre complet pour impression

Témoignage sur la seconde guerre mondiale

La grand-mère de Ninon, madame Wolff, est venue nous raconter son enfance pendant la seconde guerre mondiale. Elle avait 3 mois quand la guerre a commencé, en 1939. Elle ne se souvient que de la période où elle avait entre 3 et 5 ans. Elle vivait avec ses parents, puis son frère et sa sœur qui sont nés pendant la guerre. Son père était cheminot, il travaillait dans une petite gare à Montfort/Meu, près de Rennes En 1939, son père a été mobilisé mais il est revenu assez vite car l’Allemagne a gagné et envahi la moitié nord de la France très rapidement. Il a été libéré le 21/08/1940. Les Allemands utilisaient les trains pour envoyer en Allemagne tout ce qu’ils trouvaient en France (cultures, céréales, animaux d’élevage…). C’est pour ça qu’on manquait de tout (nourriture, vêtements, etc.) et qu’il y avait des tickets de rationnement. Il était très malheureux que la France ait perdu la guerre. Il avait entendu parler de la résistance, mais il était très difficile d’y entrer, il fallait être introduit. Les résistants donnaient des informations aux Alliés sur tout ce qui se passait sur les côtes pour préparer le débarquement. Ils ne tuaient pas les Allemands parce que les Allemands se vengeaient en tuant 10 jeunes Français pour 1 Allemand. Il a été contacté pour la première fois le 1er juillet 1940 par la résistance. Un petit réseau s’est constitué, mais certains se sont fait arrêter et ont été soit déportés, soit tués, car ils ont été dénoncés. Pour que ça ne lui arrive pas, il est parti à Rennes avec sa famille, chez une grand-mère. Il reconstitue un réseau mais là encore, il y a des dénonciations. La Gestapo, la police politique allemande, est même venue le chercher chez sa grand-mère. Heureusement, il n’y était pas. Ils ont demandé une photo pour pouvoir le reconnaître. La maman leur a donné une petite photo où on ne le voyait pas bien. Pour mieux se cacher, il a dû partir à Paris où il restera jusqu’à la libération de Paris en 1944. Il voyageait gratuitement en train grâce à sa carte de cheminot. Pendant la guerre, il y avait peu de voitures et presque pas d’essence. On se déplaçait à pied, en tram ou à vélo. Comme il y a eu de gros bombardements à Rennes, toute la famille est partie dans un hameau proche de Chartres, le Petit Berrou, chez sa tante. Elle avait une ferme avec des volailles, des fruits et des légumes. Ils ont enfin bien mangé et n’avaient plus besoin des tickets de rationnement. Pourtant, son frère et sa sœur ont souffert de rachitisme à cause du manque en vitamine D, en calcium et en phosphore. Leur squelette était déformé. Heureusement, son père, qui venait en cachette, leur a rapporté un médicament qui les a guéris. À côté de Chartres se trouvait la DCA (Défense Contre les Avions) qui était souvent attaquée. C’était très dangereux alors ils ont encore déménagé. Ils sont retournés à Rennes. La ville avait subi de graves dégâts. Ils sont retournés dans l’appartement de la grand- mère, mais les fenêtres étaient cassées, les portes ne fermaient plus, le plafond tombait par morceaux… Mme Wolff a souffert du froid ; le bois et le charbon étaient rares car ils étaient aussi envoyés en Allemagne. En 1944, il y a eu de très gros bombardements, très effrayants. Ils habitaient près d’un arsenal où il y avait un dépôt de munitions que les alliés voulaient détruire. Quand la sirène retentissait pour prévenir des bombardements, il fallait aller se cacher dans les caves, les souterrains, les tranchées. Un jour, en courant, elle a perdu une de ses chaussures. Elle l’a retrouvée en sortant de la tranchée. Ouf ! Car les chaussures étaient rares et chères. Comme il y avait de plus en plus de bombardements, le maire a ordonné l’évacuation générale. La maman ne savait plus où les emmener alors elle a pris son vélo et a cherché au hasard tout autour de Rennes. Elle a fini par trouver une petite maison à Prévillé/Seiche. Ils ont bien vécu ici, il n’y avait pas de bombardements. Elle se baladait dans la campagne avec son frère. Comme ils n’avaient pas de jouets, ils en fabriquaient. Avec de la ficelle et des bâtons, ils faisaient des arcs. Ils ramassaient des tracts. C’étaient des filaments argentés que les avions larguaient qui brillaient dans le soleil. C’était très beau. En fait, ça servait à brouiller les radars. Un jour, les Américains sont arrivés à Piré, le village voisin. Tout le monde était heureux, car ça voulait dire que la guerre était finie. Les habitants du village se sont retrouvés au café pour faire la fête. Tout à coup, des balles ont sifflé : des Américains attaquaient un convoi de SS qui repartaient en Allemagne. Tout le monde s’est caché en attendant la fin du combat qui était tout près. C’était très bruyant. Personne n’a été blessé, mais tous les Allemands ont été tués (sauf un qui a été fait prisonnier). En 1944, elle est retournée à Rennes avec sa famille. Presque tout était détruit, la gare, l’avenue de la gare, … Elle a dû attendre d’avoir 6 ans pour aller à l’école.

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